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À propos de l’éthique

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Pour des philosophes tels qu’Aristote ou Kant, l’éthique a pour but de définir ce qui doit être. Il exprime des énoncés normatifs, prescriptifs ou encore évaluatifs.

Définition de l’éthique

Le terme éthique vient du grec « ethos » qui signifie une « manière d’être » ou « caractère ». Étymologiquement, le mots «éthique» (d’origine grecque) renvoit à « mœurs », « analyse des mœurs », « réflexion sur la conduite humaine ».

L’éthique désigne d’abord une recherche et évoque une réflexion sur l’agir humain. Elle inclut alors une réflexion sur les valeurs, sur les principes de l’agir, sur les fondements de ces principes, sur les finalités de l’action, sur les exigences de la dignité humaine, etc.

L’éthique peut aussi être définie par son contenu. Elle se présente alors comme une doctrine, un code, un système de valeurs, un ensemble de principes et de règles destinés à orienter l’action, etc. L’éthique désigne enfin une pratique. Elle renvoie alors à la décision, au choix concret de l’action à entreprendre. Elle se comprend comme processus de décision, comme application de principes, comme mise en œuvre de valeurs. Elle évoque souvent l’effort de décision personnelle et l’exhortation à l’action.

Evolution de l’éthique

L’éthique a connu de nombreuses et importantes transformations au cours de son histoire. Il est ainsi possible d’établir certaines grandes périodes.

Dans l’Antiquité, l’éthique était dominée par le concept de « vertu » aussi bien chez Socrate que chez Platon, Aristote, les Stoïciens et Épicure. Ainsi, l’homme bon est celui qui réalise bien sa fonction, son télos. Il s’agit donc de réaliser pleinement la nature et ce qui constitue la nature humaine, afin d’atteindre le bonheur.

Au début du XVIIe siècle, Descartes fut le premier philosophe à prendre nettement ses distances avec l’éthique antique qu’il jugeait trop « spéculative ». S’appuyant sur une nouvelle métaphysique, il fonde une morale dans un sens beaucoup plus individuel.

À la fin du XVIIIe siècle, le développement de l’éthique moderne se poursuit avec la pensée Kant et la naissance de l’éthique déontologique : une réflexion critique sur les conditions de possibilité de la morale mettant l’accent sur le devoir.

Fin du XIXe siècle, avec Heidegger, l’éthique quitte toute dimension morale pour prendre les traits de la vérité de l’Être, voir La Lettre sur l’humanisme où il n’y a plus contradiction entre éthique et ontologie comme le craignait Levinas.

Max Weber, à la fin du 19e siècle, est incontestablement l’un de ceux qui éclairent un point important en distinguant « éthique de responsabilité » et « éthique de conviction ». Cette distinction est importante car elle reprend certaines des différences soulignées ci-dessus. Celui qui agit par éthique de conviction, agit au nom de principes définis, de devoirs présupposés, puis s’en remet au cours de choses, certains diraient à Dieu, d’autres au cours de la Nature. Le partisan de l’éthique de conviction se sent responsable de l’application d’une règle, sans forcément d’implication au-delà.

Dans l’éthique de responsabilité, il s’agit d’aller plus loin en se sentant responsable de toutes les conséquences de nos actes, avec en particulier la nécessité d’une analyse critique de la règle ou d’une décision si celles-ci ne sont pas acceptées par tous ou adaptées pour tous ; a fortiori si on sait qu’elles peuvent avoir des conséquences néfastes sur l’équilibre d’une personne ou d’un groupe de personnes. Ainsi, l’éthique de la responsabilité débouche sur la volonté d’agir non par des choix automatiques, mais à chaque fois de manière singulière et raisonnée, en faveur d’une approche conséquentialiste.

L’éthique aujourd’hui

Hans Jonas, au 20e siècle, s’ancre dans l’approche d’éthique de la responsabilité en soulignant qu’au-delà de la responsabilité que nous avons tous devant les personnes présentes, on doit aussi penser la démarche éthique pour être responsable de nos choix également devant les générations futures. Ceci nous impose de maximiser la connaissance des conséquences de nos choix et de nos actions. Ainsi, toute éthique anticipative, telle que l’exige l’objectif de la responsabilité, devient-elle une branche de la recherche avec une obligation d’analyse collective qu’il convient de cultiver en suscitant la coopération de nombreux experts dans les domaines les plus divers ; invitant le plus souvent à une approche de logiques croisées, pluridisciplinaires ; mais aussi à débattre avec les personnes concernées, patients ou plus largement citoyens.

Il y a donc nécessité que toute décision impliquant l’avenir d’une ou de plusieurs personnes, a fortiori de tous, soit au cœur d’une démarche qui regarde les conséquences futures, partageant les informations sur les bénéfices, les doutes, les incertitudes et les risques. Toute pratique qui comporte risque ou incertitude, pouvant mettre en cause une valeur particulière de l’humain, doit être débattue.

Face aux choix techniques en général, le philosophe allemand Hans Jonas place l’éthique dans le domaine de la responsabilité par rapport aux risques globaux que peut faire courir la techno-science par rapport à la société civile et aux générations futures. C’est ce qu’il développe dans Le Principe responsabilité (1979).

Le principe de précaution apparaît ainsi étroitement lié à l’éthique (c’en est une résultante). Cette philosophie est à l’origine du courant de pensée qui se manifeste dans de nombreuses rencontres internationales touchant au développement durable et à ses enjeux collatéraux.

Le philosophe Paul Ricœur aborde aussi les questions d’éthique, en rapport avec la responsabilité (éthique et responsabilité).

À l’apogée du XXe siècle et à l’aube du XXIe siècle se développe l’éthique appliquée en rapport avec de nouvelles préoccupations environnementales et sociétales. C’est à travers la déontologie que s’établissent les codes de comportements au sein des gouvernances et des activités professionnelles. Aujourd’hui, au sein d’une société mondialisée et cosmopolite dans laquelle cohabitent de nombreuses éthiques différentes, la démarche contemporaine de l’éthique consiste selon John Rawls à rechercher un équilibre réfléchi.

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